Ce qui change dans le quartier

Le quartier Tony Garnier : lien fort avec la culture

La Cité Tony Garnier fut imaginé au sortir de la Première Guerre Mondiale lorsque la municipalité décida de construire un nouveau quartier au sud-est de la ville.

Tony Garnier (1869-1948) est alors l’architecte en charge des grands travaux de la ville de Lyon. Cette responsabilité lui a été confiée par le Maire de Lyon, Edouard Herriot. Il s’est intéressé très tôt aux problèmes posés par la révolution industrielle et l’évolution sociale. Sa réflexion l’a conduit à proposer un concept architectural original.
Pour Tony Garnier le projet urbain doit être pensé selon une logique rationnelle et fonctionnelle. Les logements qu’il réalise pour les ouvriers proposent un confort très moderne, que nombre d’habitations du centre-ville ne possèdent pas.
L’architecture est sobre, uniforme sur cinq niveaux et s’appuie sur des volumes simples. En 1934, 1560 logements seront livrés. Le quartier réalisé est une œuvre pionnière : ce grand ensemble d’habitation incarne pour la première fois en Europe un fonctionnement de la ville en relation avec sa forme spatiale. Les logements sont alors occupés par une population issue d’une communauté ouvrière solidaire et militante, la vie sociale y est très développée. Après la Seconde Guerre Mondiale, le quartier connaît des phénomènes sociaux déstabilisants. Dans les années 80, le patrimoine s’est fortement dégradé. Se pose la question d’une éventuelle destruction, les habitants et GRANDLYON HABITAT envisagent un projet plus ambitieux de revalorisation du quartier, mêlant des travaux de réhabilitation assez lourds à des initiatives sociales et culturelles importantes.

C’est ainsi que, parallèlement aux travaux à l’intérieur des logements, naît le projet du Musée Urbain Tony Garnier. Initié par les locataires et GRANDLYON HABITAT, le projet du Musée Urbain Tony Garnier, un musée à ciel ouvert constitué de 24 fresques, a été porté par les artistes de la Cité de la Création et l’Office Public HLM de Lyon (devenu depuis GRANDLYON HABITAT). Cette initiative, unique en son genre, permet aux habitants de se réapproprier l’espace urbain comme une part de leur patrimoine culturel, elle est l’occasion pour les habitants de marquer leur volonté d’être acteurs de leur quartier. Les travaux, répartis en plusieurs tranches, s’achèvent au bout de 12 ans, à la fin des années 90. Vis-à-vis de l’extérieur, la revalorisation a eu un effet doublement bénéfique :
- réaffirmer l’appartenance du quartier à la ville. La cité s’est ouverte sur la ville avec la présence d’un grand boulevard circulant et de nombreux équipements qui lui confèrent une attractivité proche de celle d’un centre urbain.
- exporter une image positive de la ville. Le rayonnement international du Musée a bénéficié à la ville de Lyon, car au delà de l’aspect culturel de l’opération, la réussite du Musée est synonyme de réussite de la requalification urbaine du quartier.

Cette réalisation est ainsi souvent présentée comme “exemplaire”. C’est pourquoi, l’UNESCO a accordé le label de “ la Décennie mondiale du développement culturel ” au projet en 1991 et le label "Patrimoine XXe siècle" par l'État français en 2004. Cette reconnaissance s’est ensuite vue confirmée par la venue de nombreux visiteurs du monde entier.

Le quartier Tony Garnier n’est pas étranger aux projets culturels. C’est ainsi tout naturellement que le projet 8e Art est venu s’ajouter à sa valorisation artistique.

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